Enfants et ados face à l'IA : comment les accompagner ?

En libre accès ou intégrée aux applis favorites des ados comme TikTok ou Snapchat, l'IA est de plus en plus présente dans la vie des enfants et des adolescents. Si les professeurs regrettent que les plus jeunes s'en servent pour échapper à la corvée des devoirs et des contrôles maison, d'autres dangers planent sur nos enfants, à commencer par un risque d'addiction, d'isolement et de perte de lien social.

Alors que les réseaux sociaux et des sites inadaptés aux enfants donnaient déjà des sueurs froides aux parents, l'IA est arrivée dans nos vies sans vraiment nous demander notre avis. Face aux dangers potentiels que représente cette nouvelle technologie, inutile pour autant de paniquer. L'arrivée de cet outil nous invite, comme toujours, à ouvrir le dialogue et à faire preuve de pédagogie pour protéger les plus jeunes de ses excès.

Des utilisations variées mais un danger bien réel

Avant de savoir comment aider enfants et ados face à l'IA, encore faut-il comprendre l'utilisation qu'ils en font ou seront amenés à en faire dans un proche avenir. Plusieurs tendances se dessinent ici.

La première est la plus évidente : les jeunes peuvent être tentés d'utiliser l'intelligence artificielle pour faire leurs devoirs. Cela peut aller de la simple aide (je fais une recherche sur ChatGPT ou Gemini comme je le ferais sur le web) à une véritable substitution (l'IA rédige ma dissertation ou fait mon contrôle de maths à ma place). Le danger qui se pose ici est assez évident. Si l'enfant ne fait pas le travail qu'on lui demande, il ne progresse pas. Il se retrouve alors en grande difficulté lorsqu'il doit réaliser en classe le même type d'exercice.

Autre danger souvent évoqué, similaire à celui qu'on retrouve chez les adultes : le risque de prendre cet assistant virtuel pour un véritable compagnon. L'IA ressemble dans ses réponses à un véritable humain. Il semble nous comprendre et a même tendance à aller dans notre sens. On peut alors se confier, tout demander sans honte, trouver du réconfort auprès de lui. Le danger ici est un risque de dépendance et de rupture avec le monde réel. L'enfant s'enferme dans cette conversation infinie avec un ami qui semble lui vouloir du bien.

Les exemples tragiques récents ont pourtant montré que l'IA manque de garde-fous et peut parfois donner des conseils totalement inadaptés, voire dangereux, à nos enfants. La prudence reste donc de mise.

enfant et robot

Face à l'IA, le dialogue plus que jamais au cœur de la relation parentale

Il n'est pas toujours simple de dialoguer avec un ado, on en convient. Mais pour éviter le risque d'isolement, il est toujours nécessaire de rappeler à l'enfant ou à l'ado qu'il peut se confier, sans honte et sans peur du jugement, à tout instant. Pas question ici d'arracher des confessions, simplement de suggérer que la porte est toujours ouverte.

On peut également prendre les devants en expliquant qu'un parent connaît les difficultés que peut traverser un enfant. Harcèlement scolaire, peine de cœur, difficulté à se faire des amis, moqueries, mal-être, angoisses vis-à-vis de la sexualité, échec scolaire, ces maux si fréquents peuvent être vécus comme un échec personnel de la part d'un enfant. La honte peut alors l'empêcher de se confier. Rappeler qu'il ne s'agit en rien d'un échec et qu'il est normal pour un parent de réconforter et de soutenir son enfant est essentiel.

Il peut être également important de rappeler à un enfant que, si se confier à ses parents est trop difficile, il peut le faire auprès de professionnels, tenus par le secret médical, qui apporteront réconfort et perspectives pour l'avenir.

Entre pédagogie et limites strictes : trouver le bon équilibre

Faire preuve de pédagogie face à un outil dont on ne sait pas grand-chose n'est, là non plus, pas chose aisée. Des articles de spécialistes, pointant du doigt les dérives et le danger de l'IA, existent. On peut alors ouvrir la discussion autour de ces sujets mais également rappeler comment fonctionne l'IA, quels sont ses limites, sa nature et son objectif. L'IA n'a rien d'humain mais a aussi un intérêt à jouer sur cette ambiguïté.

Comme avec les réseaux sociaux, des limites parentales, notamment en ce qui concerne le temps d'usage, peuvent être imposées. Laisser son enfant s'enfermer dans sa chambre avec son compagnon virtuel sans limite est sans doute une très mauvaise idée. Un usage raisonné s'impose.

Enfin, le parent a bien entendu intérêt à rester attentif aux signaux d'alerte : isolement, repli sur soi, difficultés à dormir… Il peut par ailleurs encourager les sorties dans le monde réel et la découverte de nouveaux loisirs et passions, essentiels à l'équilibre psychique et au bien-être de l'enfant.

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