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Faut-il laisser son enfant faire des caprices ?

La notion même de caprice fait encore débat chez les parents, puisque certains voient ces crises comme une nécessité quand d'autres considèrent qu'il ne s'agit que de la conséquence d'une mauvaise éducation. Mais tous les enfants font des caprices et ce n'est pas anodin. L'important, en tant que parents, c'est de savoir comment se comporter face à ces humeurs et cela passe par la compréhension des plaintes et des réactions adéquates.

Il pleure, il hurle, et vous avez l'impression qu'il le fait exprès pour vous agacer. Mais le caprice chez un enfant, selon son âge, peut avoir diverses significations et il ne s'agira pas simplement pour le petit de faire une crise, comme on l'entend encore très souvent. De l'expression d'un besoin ou d'un mal-être à un désir inassouvi, on vous explique les caprices et les bonnes manières d'y faire face, afin d'aider l'enfant à construire sa personnalité durant ses jeunes années.

Quand débutent véritablement les caprices ?

Pendant bien longtemps, le terme caprice fut associé à une éducation trop laxiste ou trop sévère, à un comportement d'enfant mal éduqué et vous avez certainement déjà entendu des adultes parler d'un "enfant insupportable qui fait des caprices à tout-va". Un raccourci aisé, pourtant mis à mal par des experts de la psychologie infantile.

De Freud (théoricien du Complexe d'Œdipe) à Françoise Dolto, nombreux sont ceux qui ont démontré que l'enfant, dès son plus jeune âge, souhaitait exprimer certains sentiments mais qu'il n'avait tout simplement pas encore les bons outils pour le faire.

Avant ses 2 ans, un petit ne fait pas véritablement un caprice, puisque cette notion n'a aucun sens pour lui. Il va simplement exprimer un besoin, physique ou émotif, avec la seule façon possible pour lui de le faire, c'est-à-dire en pleurant ou en criant.

Passé cet âge, il découvre les principes de plaisir et de réalité, à la base du psychisme de tous les individus (toujours selon Freud) et va éprouver une frustration quand les deux principes s'opposent. Il veut un jouet dans un supermarché, mais vous ne lui achetez pas ; il souhaite manger du jambon mais vous en avez préparé du poulet. Les exemples sont nombreux mais le principe reste identique et il entraîne des crises, qui ne peuvent pas être considérées pleinement comme des caprices.

Pourquoi un enfant fait-il des caprices ?

Entre 2 et 5 ans, votre bambin va tester vos limites, en prenant conscience qu'il est un individu à part entière, avec des désirs propres. C'est une phase d'opposition avec les parents, d'affirmation personnelle, qui génère cette fois des caprices. En faisant cela, il comprend ce qu'il peut demander, ce qui est acceptable, et il va baser sa perception des limites sur cette analyse. C'est donc une étape capitale du développement d'un enfant, qui pose les fondements de son comportement d'adulte.

Après ses 5 ans (et jusqu'à 7 ans environ, âge où il saisit les notions d'interdits et de désirs chez les autres), un enfant pourra faire de vrais caprices, dans le sens de "volonté soudaine, irréfléchie et changeante de quelqu'un", avec cette fois une préméditation de ses actes et une volonté de vous énerver, par vengeance ou pour tester votre autorité.

Ensuite, ils cesseront petit à petit, à moins que les limites n'aient pas été fixées correctement durant ses premières années, ce qui peut entraîner des crises tardives. Il est donc important de savoir comment bien réagir face aux besoins et/ou aux caprices de votre progéniture.

Réagir face à un caprice : nos conseils pour gérer les crises

Gérer les caprices est important pour aider l'enfant à se développer correctement et pour le parent, qui s'évitera ainsi des crises quotidiennes voire un burnout parental.

Pour cela, il faut commencer par analyser la situation et bien faire la différence entre les besoins du petit - réels avant 2 ans - qui requièrent toute votre attention, et ce qu'on appellera caprice par la suite. Si votre enfant pleure, crie, hurle jusqu'à ses 18/24 mois, c'est qu'il a quelque chose à vous dire : "j'ai froid, j'ai faim, je veux un câlin", etc. et vous ne devez donc pas hésiter à intervenir.

Ensuite, il s'agira surtout de définir les limites et d'apprendre à dire non, quand votre enfant fait un caprice. Il cherche à comprendre ce qui est tolérable et ce qui ne l'est pas, et c'est à vous qu'incombe le rôle de le guider dans cet apprentissage. Il ne faut pas céder, sinon il pensera qu'il n'a qu'à pleurer pour obtenir gain de cause, mais plutôt trouver le bon compromis entre fermeté et pédagogie.

Détourner son attention d'un objet de désir peut être une bonne technique, pour faire cesser un caprice, et pour cela, vous pouvez lui offrir une alternative : "non, on n'achètera pas ce jouet mais c'est toi qui vas choisir le dessert de ce soir", par exemple.

Lors d'un refus, expliquez-lui pourquoi vous n'accédez pas à sa requête, montrez-lui que parfois, vous non plus, vous n'avez pas ce que vous désirez immédiatement, et essayez de fréquemment lui donner la possibilité d'émettre son avis sur une décision : saveur d'une boisson, prochaine musique, chemin à prendre…

Enfin, évitez à tout prix les phrases toutes faites et humiliantes qui peuvent augmenter sa colère ("tu es ridicule !", "on dirait un vrai bébé !") et tentez de ne pas répliquer à ses pleurs en hurlant, car vous êtes censé donner l'exemple ! Pour apaiser un enfant, mieux vaut parler d'une voix douce pour l'aider à retrouver son calme.

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