La technoférence, où quand un parent préfère son écran à son enfant

Lorsqu'un parent détourne son attention de son enfant pour consulter un message sur son téléphone, regarder une vidéo, éplucher une facture ou lire un article, il se focalise sur le contenu numérique au détriment du tout-petit. Ce phénomène porte le nom de technoférence et il toucherait plus d'un parent sur deux, sans même que les principaux concernés ne le réalisent. Pourtant, cela peut entraîner des conséquences négatives sur le développement des plus jeunes.

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Saisir son smartphone à la moindre occasion est devenu un réflexe chez bon nombre d'adultes. Un geste quotidien qui se fait parfois au détriment des individus alentour, et qui peut entraver les relations humaines. Ce comportement, désigné sous le terme de technoférence, peut être particulièrement néfaste quand il survient dans le cadre d'une interaction parent-enfant. Ce dernier, délaissé lorsque l'attention se porte sur un écran, pourrait en pâtir à long terme, car ce phénomène freinerait le bon développement de l'enfant dans plusieurs domaines. Penchons-nous sur les risques de la technoférence et les bonnes habitudes à prendre pour ne pas laisser le numérique abîmer de précieuses interactions.

La technoférence, un phénomène moderne inquiétant

Créé par le chercheur américain Brandon McDaniel, spécialiste en psychologie familiale, le terme de technoférence est un mot-valise issu de l'association entre "technologie" et "interférence". Il désigne l'interruption d'une interaction sociale au profit de l'usage d'un écran et se matérialise sous diverses formes : une notification sur le téléphone qui attire notre attention, la lecture et l'écriture d'une réponse à un message WhatsApp, la consultation d'une vidéo ou de vos comptes bancaires alors qu'une personne est à vos côtés, entre autres usages d'un smartphone (principalement) qui vous rend partiellement indisponible pendant quelques instants. On appelle même cela le phubbing (contraction de "phone" et "snubbing", ou snober par son téléphone).

Selon une étude menée par Bayard Jeunesse (éditeur spécialisé en magazines éducatifs) avec l'Observatoire Santé PRO BTP et trois universités françaises, 55 % des parents d'un enfant de moins de 5 ans seraient touchés par ce phénomène de technoférence. L'inquiétude qui entoure cette pratique est grande, d'autant plus que le comportement de ces parents est paradoxal : ils semblent parfaitement conscients des dangers des écrans pour les plus petits, mais ne paraissent pas réaliser qu'eux-mêmes adoptent une attitude vis-à-vis du numérique susceptible de freiner le bon développement de leur bambin.

Quelles conséquences directes sur un enfant ?

Pour apprendre de ses parents, un enfant doit recevoir une attention très régulière qui passe notamment par :


  • des contacts visuels, importants pour le développement de la compréhension non verbale ;

  • des échanges oraux, pour questionner le petit et l'aider à accroître son vocabulaire ;

  • une disponibilité émotionnelle rassurante pour l'enfant, qui ne se sentira pas en sécurité s'il ne parvient pas à capter votre attention.

Les interférences numériques impactent négativement ces marques d'attention, puisqu'un parent focalisé sur son smartphone aura tendance à abréger une réponse, à garder les yeux rivés sur l'écran plutôt que sur les faits et gestes du petit, et même à réagir de façon plus brusque lorsqu'il est sollicité par ce dernier. Il manquera ainsi les demandes d'attention émises par son enfant, ce qui se traduit par une baisse de la qualité des interactions parent-enfant, favorisant l'apparition de lacunes en matière de développement cognitif, langagier ou d'habileté à communiquer avec autrui.

parent distrait

Pour se faire remarquer par son papa ou sa maman, l'enfant pourrait s'agiter, devenir plus agressif, ou se mettre à pleurer plus fréquemment. Du fait de la pauvreté de ces interactions, un enfant pourrait même développer une forme d'anxiété relationnelle dès sa pré-adolescence, qui le suivra à l'âge adulte. Sachez que les pré-ados et les adolescents n'apprécient guère que leurs parents utilisent leur téléphone en leur présence et que, selon une étude sur la perception des effets de la technoférence par les jeunes, 60 % d'entre eux souhaiteraient que leurs parents réduisent cette utilisation.

La technoférence peut également être dangereuse, si, par exemple, l'attention accordée à un écran de téléphone vous fait perdre de vue votre enfant dans un parc, ou que le petit chute alors que vous ne le regardez pas. Afin d'éviter les accidents et de soutenir le développement cognitif, social et l'apprentissage de la communication chez l'enfant, il est préférable de se fixer quelques règles.

De bonnes habitudes pour se focaliser sur l'enfant

Si vous constatez que vous avez tendance à accorder plus d'attention que voulu à votre smartphone quand vous êtes en compagnie de votre enfant, n'hésitez pas à vous fixer des règles de bonne conduite. Après tout, montrer le bon exemple fait partie de votre rôle de parent ! C'est d'ailleurs un constat valable pour l'usage modéré des outils numériques, mais aussi pour la pratique d'un sport ou pour inciter à la lecture.

En présence de votre petit, désactivez les notifications de vos réseaux sociaux pour ne pas être dérangé dans ce moment de complicité. S'il vous est difficile de résister à l'appel du smartphone, il est préférable de laisser l'appareil dans une autre pièce lorsque vous jouez, racontez une histoire ou lisez un conte à votre bambin, voire que vous l'aidez à faire ses devoirs s'il est un peu plus âgé. Surtout, répondez immédiatement à ses sollicitations en stoppant ce que vous faites sur votre téléphone. Cela peut sembler évident, mais votre bambin doit être votre priorité absolue et rien de ce qui se passe sur un écran ne devrait avoir plus d'importance.

Il y a de nombreuses façons de passer du temps en famille sans écran, alors déconnectez-vous un peu et profitez à 100 % des sourires de votre enfant, pour son bien.

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